Cession d’entreprise

Définition des termes juridiques : EA Exprime Avocat

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Définition : cession d’entreprise

La cession d’entreprise désigne le transfert, total ou partiel, de la propriété d’une entreprise à une ou plusieurs autres personnes physiques ou morales. Elle constitue une opération juridique, financière et stratégique complexe, encadrée par un ensemble de règles de droit des sociétés, droit commercial et parfois droit fiscal.

Cette cession peut porter sur les parts sociales ou actions d’une société, ou sur le fonds de commerce si l’entreprise ne dispose pas de personnalité morale distincte.

Distinction entre types de cession

Cession de titres sociaux

La cession de titres sociaux (parts sociales ou actions) concerne les entreprises disposant de la personnalité morale. Dans ce cas, l’acheteur acquiert la société en tant que personne morale, avec l’ensemble de ses actifs, passifs, contrats, personnel et obligations juridiques. Cette forme de cession s’applique fréquemment aux sociétés suivantes :

  • Société à responsabilité limitée (SARL)
  • Société par actions simplifiée (SAS)
  • Société anonyme (SA)

Elle nécessite souvent l’accomplissement de formalités spécifiques, telles que l’obtention de l’agrément préalablement des associés dans certains cas (notamment pour les SARL), et l’enregistrement auprès des services fiscaux.

Cession de fonds de commerce

La cession de fonds de commerce implique le transfert d’un ensemble d’éléments corporels (matériel, marchandises) et incorporels (clientèle, nom commercial, enseigne, droit au bail). Elle concerne généralement les entreprises individuelles ou sociétés exploitant un commerce sans transmettre la personnalité morale.

Le Code de commerce encadre strictement cette opération afin de protéger l’acquéreur mais aussi les créanciers du cédant, notamment par la publication de la cession et la mise en place d’un délai d’opposition.

Régime juridique de la cession d’entreprise

Formalismes obligatoires

La cession d’entreprise, qu’elle porte sur un fonds de commerce ou des titres sociaux, doit respecter un certain nombre de formalismes juridiques :

  • La rédaction d’un acte de cession écrit (sous seing privé ou authentique)
  • Des mentions obligatoires (selon l’article L. 141-1 du Code de commerce pour les fonds de commerce)
  • L’enregistrement auprès de l’administration fiscale
  • La publicité légale (BODACC, journal d’annonces légales)
  • Le dépôt au greffe et la mise à jour du Registre du commerce et des sociétés (RCS)

Consentement et évaluation de l’entreprise

Outre les aspects formels, il est essentiel que le consentement des parties soit libre et éclairé. La fixation du prix fait souvent l’objet d’une évaluation préalable, sur la base :

  1. Des actifs de l’entreprise (bilan comptable, stocks, immobilier)
  2. De sa rentabilité passée et future
  3. Du secteur d’activité et des perspectives de croissance

Une clause de garantie d’actif et de passif est généralement intégrée à l’acte afin de sécuriser l’acquéreur en cas de découverte postérieure de dettes ou de litiges.

Intérêts et effets juridiques de la cession

À l’égard de l’acquéreur

L’acquéreur reprend, selon la nature de la cession :

  • Tous les éléments de l’entreprise (en cas de cession de titres)
  • Uniquement les actifs visés dans l’acte (en cas de cession de fonds de commerce)

Il est soumis au maintien des contrats de travail en cas de reprise d’une entité autonome (article L. 1224-1 du Code du travail). Il peut être tenu de réaliser de nouveaux investissements, ou d’assumer des dettes non découvertes antérieurement à la cession.

À l’égard du cédant

Le cédant doit garantir :

  • La conformité des informations transmises
  • L’engagement de non-concurrence (souvent mentionné dans les actes de cession)
  • Le bon déroulement des formalités de transfert et d’information, notamment envers les salariés (obligation d’information préalable en cas de TPE)

Il peut en contrepartie tirer un bénéfice fiscal, bien que soumis, selon le régime applicable, à l’imposition sur les plus-values de cession.

Spécificités juridiques en fonction du type de structure

Société à responsabilité limitée (SARL)

La cession de parts sociales de SARL est soumise à l’agrément des autres associés, sauf clause contraire dans les statuts. L’acte doit être enregistré aux impôts dans le mois suivant, avec un taux de droit d’enregistrement de 3 % après abattement.

Société par actions simplifiée (SAS)

La cession d’actions y est plus souple. Les statuts peuvent fixer librement les règles d’agrément ou de préemption. L’intervention d’un commissaire aux comptes n’est pas obligatoire sauf cas exceptionnels (apport en nature, transformation).

Entreprise individuelle

Dans ce cas, seule la cession du fonds de commerce est possible. L’article L. 141-1 du Code de commerce impose plusieurs mentions obligatoires dans l’acte (prix, origine, état des privilèges, etc.) ainsi qu’une publicité aux fins d’opposabilité envers les tiers.

Fiscalité de la cession d’entreprise

Traitement des plus-values

La cession d’une entreprise donne lieu à l’imposition de la plus-value de cession, calculée comme la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable des biens transmis. Des exonérations existent :

  • Exonération en cas de départ à la retraite du cédant (article 151 septies A du CGI)
  • Exonération partielle ou totale selon le chiffre d’affaires (article 238 quindecies du CGI)

Des régimes spécifiques s’appliquent aussi selon que le cédant est une personne physique ou une société, et selon la durée de détention des titres.

Imposition pour l’acquéreur

Le prix d’acquisition est inscrit à l’actif du bilan et peut constituer une base d’amortissement (notamment pour le fonds de commerce). L’acquéreur est tenu au paiement de droits d’enregistrement, variables selon la nature de la cession :

  • 3 % ou 0,1 % pour les titres sociaux
  • 3 % à 5 % pour les fonds de commerce, selon le barème

Conclusion

La cession d’entreprise suppose une préparation rigoureuse sur les plans juridique, fiscal et opérationnel. Elle engage durablement les parties et impacte de nombreux tiers (employés, clients, fournisseurs, administration). Recourir à un accompagnement professionnel (avocat, expert-comptable, conseiller en fusion-acquisition) est vivement conseillé pour sécuriser l’opération à chaque étape.

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