Définition : constitution
La constitution est l’acte juridique suprême qui fixe les règles d’organisation et de fonctionnement des pouvoirs publics, définit leurs compétences respectives et consacre les droits fondamentaux. Placée au sommet de la hiérarchie des normes, elle constitue la base de la légalité dans un État.
Étymologie et évolution historique
Le terme vient du latin constitutio, qui signifie « établissement, organisation ». Si des formes primitives de constitutions existaient déjà dans l’Antiquité (Grèce, Rome), l’idée moderne d’un texte fondateur garantissant la séparation des pouvoirs et les droits des citoyens apparaît au XVIIIe siècle, avec la Constitution américaine de 1787 et la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
En France, l’histoire constitutionnelle est marquée par une grande instabilité : depuis 1789, le pays a connu plus de quinze constitutions différentes. L’actuelle Constitution du 4 octobre 1958, texte fondateur de la Ve République, est la plus durable.
Nature et valeur juridique
La constitution est une norme suprême, supérieure à la loi et aux règlements. Toutes les normes juridiques doivent être conformes à la constitution, selon le principe de la hiérarchie des normes.
En France, ce principe est garanti par le Conseil constitutionnel, qui exerce un contrôle de constitutionnalité a priori (sur les lois avant leur promulgation) et a posteriori (par la QPC, question prioritaire de constitutionnalité, depuis 2008).
Constitution française
La Constitution de 1958 se compose de plusieurs éléments :
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Un préambule, qui renvoie à la Déclaration de 1789, au Préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004 ;
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Un corps de 92 articles (à l’origine), organisant les institutions de la Ve République : rôle du président de la République, du gouvernement, du Parlement, du Conseil constitutionnel et des juridictions ;
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Des principes fondamentaux : démocratie représentative, séparation des pouvoirs, souveraineté nationale, laïcité.
Fonctions de la constitution
Le rôle principal de la constitution est de définir et d’encadrer l’exercice du pouvoir politique. Elle assure également la protection des droits fondamentaux des citoyens.
Organisation des pouvoirs
La constitution fixe la structure des institutions étatiques (exécutif, législatif, judiciaire) et définit leurs compétences respectives. Elle prévoit:
- Les modalités d’élection ou de nomination des dirigeants politiques ;
- Les relations entre les pouvoirs publics et leur équilibre (en régime parlementaire ou présidentiel) ;
- Les procédures d’élaboration des lois, de contrôle de la constitutionnalité, etc.
Garantie des droits fondamentaux
La constitution intègre ou fait référence à des textes reconnaissant les libertés fondamentales, tels que :
- La liberté d’expression ;
- Le droit au respect de la vie privée ;
- Le droit à un procès équitable ;
- Le principe d’égalité devant la loi.
Ces droits peuvent figurer dans un Préambule (comme celui de la Constitution française de 1958) ou directement dans le corps du texte constitutionnel.
Typologie des constitutions
On distingue plusieurs types de constitutions selon divers critères, notamment leur forme, leur procédure d’adoption, ou encore leur durabilité.
Constitutions écrites et non écrites
- Les constitutions écrites (ex : France, Allemagne, États-Unis) sont consignées dans un document unique ou dans plusieurs textes fondamentaux.
- Les constitutions non écrites reposent sur des usages et conventions, comme au Royaume-Uni.
Constitutions rigides vs souples
- Les constitutions rigides nécessitent une procédure spécifique pour être modifiées, distincte de celle des lois ordinaires (ex : en France, révision selon l’article 89).
- Les constitutions souples peuvent être modifiées par les mêmes organes et procédures que les lois ordinaires.
Contrôle de constitutionnalité
Objectif du contrôle
Le contrôle de constitutionnalité permet de vérifier que les normes inférieures (lois, règlements) sont conformes à la constitution. Il s’agit d’un mécanisme essentiel de garantie de la primauté du droit constitutionnel.
Modalités
Ce contrôle peut être :
- A priori : avant la promulgation d’une loi (ex : contrôle du Conseil constitutionnel en France avant l’entrée en vigueur).
- A posteriori : une fois la loi en vigueur (ex : Question Prioritaire de Constitutionnalité instaurée en France par la réforme de 2008).
Procédure de révision de la constitution
Révision dans le système français
La révision constitutionnelle est encadrée pour préserver la stabilité. En France, l’article 89 de la Constitution de 1958 prévoit une procédure reposant sur :
- L’initiative conjointe du président de la République sur proposition du Premier ministre, ou des membres du Parlement ;
- L’adoption du projet ou de la proposition par les deux assemblées en termes identiques ;
- Ensuite :
- soit l’approbation par référendum ;
- soit l’approbation par le Congrès (réunion des deux chambres) à une majorité des 3/5.
Cependant, certaines clauses sont considérées comme intangibles, notamment la forme républicaine du gouvernement (article 89 al.5).
Conclusion
La constitution constitue le socle de tout ordre juridique national. Norme suprême, elle encadre l’exercice du pouvoir au nom du principe de légalité et garantit les droits des citoyens. Son respect et sa mise à jour doivent s’effectuer dans un cadre précis, garantissant à la fois sa stabilité et son adaptabilité aux évolutions démocratiques.
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