Définition : dirigeant de société
Le dirigeant de société désigne la ou les personnes investies du pouvoir de gérer, représenter et engager une société dans le cadre de ses activités économiques.
Cette fonction peut être exercée par une personne physique ou, dans certains cas, par une personne morale. Le statut juridique, les pouvoirs ainsi que les obligations du dirigeant varient suivant la forme juridique de la société (SARL, SAS, SA, SCI, etc.), mais ils sont toujours encadrés par la loi, les statuts et la jurisprudence.
Régime juridique applicable au dirigeant
Nomination et pouvoirs du dirigeant
La désignation du dirigeant s’effectue selon les modalités prévues dans les statuts de la société. Le plus souvent, cette nomination est décidée par les associés ou actionnaires et fait l’objet d’un procès-verbal ayant une portée juridique contraignante. Le dirigeant dispose, vis-à-vis des tiers, du pouvoir de représentation légale de la société.
Ses pouvoirs internes sont définis dans les statuts et peuvent être limités. Toutefois, les limitations statutaires ne sont pas opposables aux tiers de bonne foi, conformément au principe posé à l’article L.210-6 du Code de commerce.
Formes sociales et typologie des dirigeants
Le statut du dirigeant dépend de la forme sociale :
- SARL : Gérant ou cogérants
- SAS : Président, avec possibilité de nommer un directeur général ou des organes collégiaux
- SA : Président du conseil d’administration, directeur général, ou directoire selon le mode de gouvernance
- SCI : Gérant(s), souvent associés
Le rôle et les responsabilités du dirigeant évoluent donc selon le cadre juridique retenu pour la société.
Responsabilité du dirigeant de société
Responsabilité civile
Le dirigeant peut engager sa responsabilité civile envers la société, les associés ou des tiers s’il commet une faute de gestion, une violation des statuts ou une infraction aux dispositions légales et réglementaires. L’action en responsabilité peut être :
- Sociale (au nom de la société) – art. L.223-22 et L.225-251 du Code de commerce
- Individuelle (intérêt propre d’un associé ou tiers)
Responsabilité pénale
Le dirigeant engage aussi sa responsabilité pénale s’il commet des infractions dans l’exercice de ses fonctions, telles que :
- Abus de biens sociaux
- Distribution de dividendes fictifs
- Fraudes fiscales
- Infractions au droit du travail ou à la législation environnementale
Responsabilité fiscale et sociale
En cas d’irrégularités fiscales ou de cotisations sociales non versées, le dirigeant peut être personnellement poursuivi par l’administration en cas de manœuvre frauduleuse ou de graves négligences (art. L.267 du livre des procédures fiscales).
Régime social et fiscal du dirigeant
Régime social
Le dirigeant peut relever du régime des travailleurs non-salariés (TNS) ou du régime général de la sécurité sociale, selon son mandat et sa participation dans le capital :
- Gérant majoritaire de SARL : affilié au régime TNS
- Gérant minoritaire ou égalitaire : rattaché au régime général
- Président de SAS : assimilé salarié
Régime fiscal
La rémunération du dirigeant est assujettie à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, sauf s’il relève du régime TNS où elle peut être partiellement imposable après déductions.
En cas de perception de dividendes, ceux-ci sont fiscalisés au titre des revenus de capitaux mobiliers.
Cumuls et limitations de fonctions
Le cumul mandat social et contrat de travail
Le cumul est possible sous conditions strictes :
- Existence de fonctions techniques distinctes du mandat
- Subordination réelle à l’égard de la société
- Rémunération distincte
Les dirigeants assimilés salariés (ex. président de SAS) peuvent en principe cumuler, sous réserve de l’absence d’abus de droit ou de fictivité du contrat.
Incompatibilités et interdictions
Certaines fonctions ou situations entraînent une incompatibilité avec le mandat de dirigeant, notamment :
- Condamnation pénale interdisant la gestion
- Faillite personnelle
- Incompatibilités professionnelles (ex. avocat, expert-comptable avec clientèle en conflit d’intérêts)
Cessation des fonctions et responsabilités post-mandat
Modalités de cessation
Les fonctions de dirigeant peuvent cesser :
- Par démission
- Par décision des associés (révocation)
- En cas de décès, incapacité, interdiction de gérer
Responsabilité après le mandat
Le dirigeant reste passible d’actions en responsabilité pour les actes commis au cours de son mandat, même après sa cessation. De plus, il peut être poursuivi personnellement en cas de faute de gestion ayant contribué à une procédure collective.
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