Le transfert de fonds de commerce lors de la création d’une entreprise est une opération courante, permettant à un entrepreneur de démarrer son activité en reprenant un ensemble d’éléments déjà constitués (clientèle, droit au bail, matériel, etc.). Cette opération juridique nécessite une grande rigueur, car elle implique des obligations légales précises et engage la responsabilité du cédant comme du cessionnaire.
Qu’est-ce qu’un fonds de commerce ?
Un fonds de commerce est un ensemble d’éléments corporels (mobilier, matériel, outillage) et incorporels (clientèle, nom commercial, droit au bail, licences) utilisés pour l’exploitation d’une activité commerciale. Il constitue un bien meuble incorporel.
Pourquoi transférer un fonds de commerce à la création ?
Ce mécanisme permet à un nouvel entrepreneur de :
- Bénéficier immédiatement d’une clientèle existante ;
- Exploiter un local commercial grâce au transfert du bail ;
- Gagner du temps dans la mise en œuvre de l’activité ;
- Structurer juridiquement la reprise d’un commerce existant dans un cadre sécurisé.
Les étapes juridiques du transfert lors de la création
1. Rédaction du compromis de vente ou promesse synallagmatique
Dans cette première phase, le vendeur (cédant) et l’acquéreur (cessionnaire) définissent les conditions de la cession du fonds de commerce. Ce compromis a une valeur contractuelle et engage les parties sur :
- Le prix de vente ;
- Les éléments du fonds transmis ;
- Les conditions suspensives éventuelles (obtention de financement, autorisations, etc.).
2. Rédaction de l’acte de cession
L’acte de cession de fonds de commerce doit contenir certaines mentions obligatoires prévues par l’article L. 141-1 du Code de commerce, à savoir :
- Le nom du précédent vendeur, la date et la nature de son acquisition ;
- L’état des privilèges et nantissements ;
- Le chiffre d’affaires réalisé au cours des trois dernières années ;
- Le résultat d’exploitation ;
- Les éléments composant le fonds ;
- Le prix de vente, et la ventilation entre les différentes composantes (corporelles/incorporelles).
Il est fortement recommandé de faire appel à un avocat pour cette étape, afin d’éviter tout litige ultérieur.
3. Enregistrement de l’acte
L’acte doit être enregistré auprès du service de la publicité foncière et de l’enregistrement du centre des impôts du lieu d’exploitation dans un délai d’un mois suivant la signature. Des droits d’enregistrement sont dus, calculés en fonction du prix de la transaction.
4. Publicité légale
Le cessionnaire doit publier un avis de cession dans un journal d’annonces légales dans un délai de 15 jours, puis faire paraître une insertion au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Cette publication permet de garantir l’information des créanciers du cédant et d’ouvrir la période d’opposition.
5. Opposition des créanciers
Durant les dix jours qui suivent la dernière publication, les créanciers du cédant peuvent former une opposition au paiement du prix de vente. Le montant est alors séquestré jusqu’à ce que les créances soient apurées.
6. Formalités de création de la nouvelle entreprise
Si le fonds est transféré dans une entreprise nouvellement créée, cette entreprise doit être immatriculée au registre du commerce et des sociétés (RCS). Ce dossier comprendra :
- Les statuts de la société ;
- Un justificatif de jouissance du local ;
- Le récépissé de dépôt des fonds ;
- L’acte de cession du fonds de commerce.
Précautions juridiques essentielles
Contrat de bail commercial
Le droit au bail fait partie intégrante du fonds de commerce. Lors de la cession, il est crucial de vérifier que le bail commercial peut être transmis et d’obtenir l’accord du bailleur si nécessaire. Une attention particulière doit être portée à la clause d’agrément ou aux conditions spécifiques de transfert du bail.
Garantie de passif et de conformité
The acheteur peut exiger une garantie de passif et une garantie de conformité du fonds cédé, afin d’être protégé en cas de dettes ou de litiges liés à l’activité passée du cédant. Ces garanties sont négociées dans le contrat de cession.
Fiscalité de l’opération
Le cédant doit déclarer une plus-value professionnelle éventuelle à l’administration fiscale. Le cessionnaire, quant à lui, devra s’acquitter des droits d’enregistrement mentionnés plus haut, ainsi que gérer correctement l’intégration du fonds dans la comptabilité d’ouverture de la société.
Conclusion : pourquoi se faire accompagner ?
Le transfert d’un fonds de commerce lors de la création implique de multiples formalités juridiques, fiscales et administratives. Il représente également une opportunité pour les entrepreneurs de démarrer une activité sur des bases solides. Toutefois, pour sécuriser l’opération et prévenir tout litige ultérieur, il est vivement conseillé de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit des affaires.
Vous êtes dirigeant de TPE ou PME ? Profitez de notre abonnement juridique annuel et bénéficiez d’un accompagnement personnalisé tout au long de l’année.


