Domiciliation

Définition des termes juridiques : EA Exprime Avocat

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Définition : domiciliation

La domiciliation désigne le fait, pour une entreprise ou une société, de déclarer une adresse administrative et juridique auprès du registre compétent (RCS ou RM).

Cette adresse constitue le siège social pour les sociétés, ou l’adresse professionnelle pour les entreprises individuelles, et sert de lieu de référence pour les correspondances officielles et l’identification territoriale de l’entreprise.

La loi impose de déclarer une adresse, laquelle peut résulter de différentes formes de domiciliation : domicile du dirigeant, local commercial, pépinière d’entreprises ou société de domiciliation agréée.

La valeur juridique de la domiciliation

Fonction administrative et fiscale

La domiciliation détermine la compétence territoriale :

  • des juridictions compétentes (tribunaux de commerce, conseil de prud’hommes, etc.) ;
  • des organismes publics compétents (URSSAF, services fiscaux) ;
  • du centre de formalités des entreprises (CFE).

Elle constitue également l’adresse :

  • de réception des courriers officiels ;
  • figurant sur les factures, devis, statuts, et documents commerciaux ;
  • servant au calcul de certaines impositions locales (ex. : CFE – Cotisation Foncière des Entreprises).

Conséquences juridiques

Domicilier une entreprise influe sur plusieurs aspects importants, notamment :

  • la détermination du siège social pour les personnes morales ;
  • la possibilité de modifier celui-ci par voie de transfert de siège social ;
  • la conservation des documents comptables et juridiques au lieu de domiciliation ;
  • la présomption de lieu de direction effective de l’entreprise.

Les différents modes de domiciliation

Domiciliation au domicile du dirigeant

Il est possible de domicilier une entreprise à l’adresse personnelle du dirigeant, sous réserve :

  • de l’absence de dispositions législatives, contractuelles ou administratives s’y opposant, comme un règlement de copropriété ou un bail interdisant l’exercice d’une activité professionnelle ;
  • que l’activité ne reçoive pas de clientèle ou de marchandises, sauf autorisation de la mairie ;
  • et que la domiciliation soit temporaire si le domicile ne peut recevoir d’activités économiques de façon permanente (5 ans maximum).

Domiciliation dans des locaux commerciaux

Lorsque l’entreprise dispose de locaux commerciaux, elle peut y établir son siège social, à condition que ceux-ci :

  • soient effectivement utilisés pour l’activité ;
  • fassent l’objet d’un bail commercial ou professionnel valable ;
  • respectent les autorisations administratives en matière d’urbanisme et de sécurité.

Domiciliation auprès d’une société de domiciliation

L’entreprise peut opter pour une domiciliation commerciale par l’intermédiaire d’une société de domiciliation spécialisée. Cette dernière doit être :

  • immatriculée au RCS ;
  • titulaire d’un agrément préfectoral ;
  • liée à l’entreprise par un contrat écrit de domiciliation d’au minimum trois mois, renouvelable par tacite reconduction.

Ce mode présente l’avantage de proposer des services supplémentaires tels que la gestion du courrier ou la location de bureaux et salles de réunion.

Domiciliation dans une pépinière ou incubateur

Les pépinières d’entreprises et incubateurs proposent également des services de domiciliation, particulièrement utiles pour les jeunes entreprises innovantes. Ils offrent :

  • une adresse juridique ;
  • des services mutualisés (secrétariat, salles de réunion) ;
  • un cadre contractuel encadré par des accords et conventions spécifiques.

Obligations et formalités liées à la domiciliation

Déclaration de domiciliation

La domiciliation doit impérativement être déclarée lors de la formalité de création de la société auprès du CFE compétent. Le dossier devra comporter une justification du titre d’occupation des locaux, telle que :

  • un contrat de bail ;
  • une attestation de domiciliation ;
  • une autorisation écrite du propriétaire ;
  • ou une attestation sur l’honneur du dirigeant lorsqu’il utilise son domicile personnel.

Obligation de mise à jour

Toute modification de l’adresse doit faire l’objet d’une mise à jour auprès du registre (RCS ou RM) dans un délai d’un mois. Cela entraîne le dépôt d’un dossier de transfert de siège social incluant :

  • un procès-verbal décidant du transfert ;
  • une mise à jour des statuts s’il s’agit d’une société ;
  • et une publication d’avis dans un journal d’annonces légales.

Surveillance et sanction

En cas de domiciliation fictive ou non mise à jour, l’entreprise s’expose à :

  • une radiation d’office du registre ;
  • des sanctions fiscales et sociales ;
  • l’impossibilité d’exercer certaines actions en justice faute de siège social déclaré.

Ajout : perception des différents modes de domiciliation

Sur le plan pratique, toutes les formes de domiciliation ne bénéficient pas de la même image auprès des partenaires professionnels (banques, investisseurs, clients, administrations).

Dans les faits, toute domiciliation autre que dans des locaux commerciaux ou dans une pépinière/incubateur est souvent perçue comme moins crédible.
Sont notamment concernées :

  • la domiciliation au domicile du dirigeant ;

  • la domiciliation auprès d’une société de domiciliation commerciale, en particulier lorsqu’il s’agit de structures très généralistes ou à bas coût.

À l’inverse, les domiciliation dans des locaux commerciaux dédiés et les structures d’accompagnement (pépinières, incubateurs) sont généralement mieux perçues, car associées à une implantation réelle ou à un environnement professionnel structuré.

Cette perception reste toutefois purement pratique et n’a aucune incidence sur la validité juridique des différents modes de domiciliation.

Conclusion

La domiciliation constitue un élément structurant de l’existence juridique d’une entreprise. Elle doit être choisie avec soin, en fonction des besoins pratiques, des contraintes légales et des objectifs stratégiques.

La régularité de sa déclaration, ainsi que sa conformité aux règles relatives à l’urbanisme, au bail et à la fiscalité sont essentielles pour garantir la sécurité juridique et opérationnelle de l’entreprise.

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