Dans le cadre d’un bail commercial, la sous-location et la cession du bail commercial sont deux pratiques courantes, mais strictement encadrées par la loi. Elles peuvent, si elles sont mal maîtrisées, générer d’importants contentieux locatifs. Cet article vous propose une analyse juridique détaillée des droits, obligations et litiges potentiels liés à ces opérations, tout en vous apportant des conseils pratiques pour sécuriser vos démarches.
Définition et cadre juridique
Qu’est-ce que la sous-location d’un bail commercial ?
La sous-location bail désigne l’opération par laquelle le locataire principal loue tout ou partie de son local commercial à un tiers, le sous-locataire, sans quitter les lieux lui-même. Cette pratique est notamment utilisée pour optimiser un local partiellement inoccupé ou alléger ses coûts en location.
Toutefois, cette sous-location est soumise à une double condition :
- L’autorisation expresse du bailleur dans le contrat ou par avenant.
- L’accord formel du bailleur sur les conditions de sous-location, sollicitée par acte extrajudiciaire (souvent, par acte d’huissier).
Qu’est-ce qu’une cession de bail commercial ?
La cession bail commercial intervient lorsque le locataire transfère de manière définitive ses droits et obligations liés au bail à un tiers, appelé le cessionnaire. Cette opération est fréquente dans le cadre d’une vente de fonds de commerce ou de changement d’activité.
Le bailleur ne peut cependant s’opposer à une cession intervenant dans le cadre de la vente du fonds, mais il a le droit d’imposer certaines conditions, comme l’approbation du cessionnaire ou sa solidarité financière.
Les litiges fréquents en cas de sous-location
Sous-location non autorisée
La source principale de contentieux locatif réside dans la sous-location sans l’autorisation du bailleur. Cette irrégularité expose le locataire à :
- La résiliation judiciaire du bail, à l’initiative du bailleur.
- L’obligation de verser des indemnités pour occupation illégale ou manquement aux clauses contractuelles.
Le bailleur peut également engager la responsabilité délictuelle du sous-locataire en cas de trouble constaté ou de dégradation du local.
Désaccord sur le loyer de sous-location
Selon une règle protectrice du bailleur, le montant du loyer de sous-location ne peut excéder celui payé par le locataire principal. En cas de dépassement, le bailleur peut demander un réajustement ou une révision judiciaire du montant du loyer initial.
Les contentieux liés à la cession de bail commercial
Refus abusif du bailleur
Bien que certaines clauses du bail puissent encadrer la cession, un refus systématique ou sans motif légitime de la part du bailleur est considéré comme abusif. Le locataire peut alors :
- Engager une action en référé pour obtenir l’autorisation judiciaire de céder le bail.
- Demander des dommages-intérêts pour perte d’exploitation ou préjudice économique.
Défaut de respect des formalités contractuelles
Le non-respect des formalités liées à la cession (notification au bailleur, agrément préalable, rédaction d’un acte sous seing privé ou notarié…) peut compromettre la validité de la cession et faire naître des litiges entre les parties.
Responsabilité solidaire et conflits post-cession
En cas de cession du bail commercial, le locataire sortant peut rester solidairement responsable, avec le cessionnaire, du paiement des loyers pendant la durée du bail restant. Cela peut donner lieu à plusieurs types de litiges :
- Défaut de paiement du loyer par le cessionnaire, engageant la responsabilité du cédant.
- Mauvaise exécution des obligations contractuelles (travaux, entretien…) transférées au cessionnaire.
Ces points doivent être précisément abordés dans l’acte de cession afin de clarifier les responsabilités de chacun et limiter les risques de procès.
Conseils pratiques pour prévenir les contentieux
- Faites appel à un avocat pour la rédaction ou la relecture des clauses relatives à la sous-location bail et à la cession bail commercial.
- Assurez-vous que toute sous-location ou cession respecte strictement les exigences légales et contractuelles.
- Conservez une traçabilité écrite de tous les échanges avec le bailleur.
- Anticipez les obligations fiscales ou administratives pouvant résulter de ces opérations.
Un accompagnement juridique personnalisé est souvent déterminant pour sécuriser vos opérations commerciales et éviter les contentieux locatifs.
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