Définition : bilatéral
Le terme bilatéral est un adjectif juridique d’origine latine (bilateralis), désignant un acte, une convention ou une relation qui implique deux parties ayant des obligations réciproques. Ce terme s’oppose notamment à l’acte unilatéral, qui n’engage qu’une seule partie. En droit privé, et en particulier dans le droit des contrats, le caractère bilatéral d’un acte conditionne souvent ses effets et sa mise en œuvre.
Le contrat bilatéral en droit civil
Définition selon le Code civil
La notion de contrat bilatéral n’est précisément définie à l’article 1106 du Code civil qui prévoit que :
Le contrat est synallagmatique lorsque les contractants s’obligent réciproquement les uns envers les autres.
Toutefois, il existe une équivalence entre les termes bilatéral et synallagmatique, bien que l’usage du premier soit plus fréquent dans un langage généraliste et dans certains contextes internationaux, notamment en droit international.
Caractéristiques du contrat bilatéral
Les principales caractéristiques d’un contrat bilatéral sont les suivantes :
- Il implique au moins deux parties contractantes.
- Chaque partie est débiteur et créancier d’une obligation.
- Ces obligations sont interdépendantes.
Le contrat de vente, le contrat de bail ou encore le contrat de travail sont des exemples typiques de contrats bilatéraux.
Effets juridiques de la bilatéralité
Du point de vue juridique, un contrat bilatéral entraîne une interdépendance des obligations. Ainsi, l’inexécution de l’un des engagements peut justifier :
- L’exception d’inexécution (article 1219 du Code civil), qui permet à une partie de suspendre l’exécution de sa propre obligation tant que l’autre n’exécute pas la sienne.
- La résolution du contrat si l’inexécution est suffisamment grave (article 1224 et suivants).
La notion de bilatéral en droit international
Dans le contexte du droit international public, le terme bilateral qualifie un accord conclu entre deux États ou entités internationales. Par opposition :
- Un accord multilatéral implique plus de deux parties.
- Un acte unilatéral est une manifestation de volonté émanant d’un seul sujet de droit international.
Les traités bilatéraux peuvent porter sur divers sujets : coopération économique, défense, fiscalité, environnement, etc.
Les accords bilatéraux ont force obligatoire pour les deux parties signataires, conformément à la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités. Ils produisent des obligations réciproques et leur inexécution peut constituer un fait internationalement illicite donnant lieu à des sanctions ou à un règlement juridictionnel ou diplomatique.
Conséquences juridiques de la bilatéralité
Le caractère bilatéral (ou synallagmatique) d’un contrat entraîne une interdépendance des obligations, dont les principales conséquences sont les suivantes :
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Exception d’inexécution (art. 1219 C. civ.) : une partie peut suspendre l’exécution de sa propre obligation tant que l’autre n’exécute pas la sienne.
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Exception d’inexécution anticipée (art. 1220 C. civ.) : lorsqu’il est manifeste qu’une partie n’exécutera pas son obligation à l’échéance, l’autre peut suspendre la sienne avant même le terme convenu.
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Résolution du contrat (art. 1224 et s. C. civ.) : l’inexécution suffisamment grave permet la résolution du contrat, soit par voie judiciaire, soit par notification unilatérale (art. 1226 C. civ.), soit par application d’une clause résolutoire.
Bilatéralité et équivalence des prestations
En principe, le droit civil n’exige pas une stricte équivalence entre les prestations réciproques : un contrat bilatéral reste valable même si les obligations apparaissent déséquilibrées.
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Exceptions : certains contrats spéciaux sont protégés par la règle de la lésion (ex. vente d’immeuble par un mineur ou partage successoral : art. 889 C. civ.).
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En cas de tromperie (dol, réticence dolosive) ou d’incapacité manifeste de l’une des parties, le contrat peut être annulé ou révisé.
Distinctions et notions connexes
Synallagmatique vs unilatéral :
- Acte unilatéral : une seule partie s’oblige (ex. testament, promesse unilatérale).
- Contrat bilatéral/synallagmatique : les parties s’engagent réciproquement (vente, bail, travail).
Contrat commutatif et contrat aléatoire (art. 1108 C. civ.) :
- Commutatif : les prestations sont connues et équilibrées dès la conclusion (ex. contrat de vente).
- Aléatoire : les effets du contrat dépendent d’un événement incertain qui affecte l’étendue des prestations (ex. contrat d’assurance, rente viagère).
Conclusion
La notion de bilatéral est fondamentale en droit privé et en droit international. Elle véhicule l’idée d’une relation juridique équilibrée fondée sur des engagements réciproques. À ce titre, elle joue un rôle central dans la qualification des contrats, la gestion des contentieux contractuels et la validité des engagements entre États.
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